Harvey étendit ses mains et en frotta les paumes l'une contre l'autre.
«Voilà qu'elles redeviennent toutes douces, dit-il d'un air triste.
—Laissez-les comme cela quelques années encore, pendant que vous faites votre éducation. Vous aurez le temps ensuite de les durcir.
—Ou-ui, je le suppose,—répliqua le jeune homme d'un ton peu enthousiaste.
—Cela dépend de vous, Harvey. Vous pouvez rester sous les jupes de votre mère, cela va sans dire, et lui faire faire des embarras à propos de vos nerfs, de votre sensibilité, et de toutes sortes de fantaisies de ce genre.
—Est-ce que j'ai fait cela?» dit Harvey avec inquiétude.
Son père se tourna du côté où il était assis et étendit la main au loin:
«Vous savez aussi bien que moi, n'est-ce pas, que je ne peux rien faire de vous si vous ne vous conformez pas strictement à mes avis. Je peux vous diriger étant seul, si vous voulez rester seul, mais je n'ai pas la prétention de vous gouverner à deux, vous et… votre maman. La vie, en tout cas, est trop courte pour cela.
—Cela me montre sous un jour peu favorable, n'est-ce pas?
—Je crois que ç'a été en grande partie de ma faute; mais si vous voulez la vérité, vous n'avez pas fait grand'chose jusqu'à présent. Est-ce vrai, dites?