Il était dans ma destinée de venger l’Inde sur les trois quarts de l’univers, rien moins que cela. Idée qui exigeait des sacrifices, — de douloureux sacrifices — car il me fallait devenir un Globe-Trotter, en casque, en souliers de toile.

Je supporterais cela, et plus encore, dans l’intérêt de notre petit univers ; je formulerais « des jugements braillards pendant tout le jour, sans aucune retenue, à propos de quoi que ce soit ».

Je me dirigerais vers le soleil levant, jusqu’à ce que j’arrive au cœur du monde et que je sentisse l’odeur de l’asphalte de Londres.

Le public de l’Inde ne me donna point de mission : je me la donnai moi-même, en m’instituant Commissaire-général de nos excellentes personnalités.

Dès lors, les aspects de la vie changèrent, de même que, dit-on, l’aspect de sa propre chambre change aux yeux d’un mourant le jour de sa mort, quand il sait qu’il ne la reverra plus.

De mon propre gré, je m’étais éloigné de notre existence courante, je cessais de participer à tous nos intérêts.

Dans le haut pays, les pêchers commençaient à fleurir, et on disait que comme il avait beaucoup neigé sur les montagnes, les chaleurs seraient courtes.

Cela m’était égal.

Les punkahs et leurs tireurs étaient entassés dans la vérandah et les édifices publics se couvraient d’anti-caloriques. Le chaudronnier chantait dans le jardin ; la guêpe, apparue prématurément, faisait entendre son bourdonnement sourd autour de la poignée de la porte, et ils prophétisaient l’approche des chaleurs.

Ces choses-là ne me touchaient point.