Dans ces derniers mots j’ai commis une erreur.
Calcutta n’est pas plus Anglo-Indien que West Brompton.
Tout comme Bombay, elle est arrivée à se fixer dans une attitude mentale qui est en avance de plusieurs décades sur l’Inde, dans sa crudité, dans la brutalité de sa nature réelle.
Un financier, intelligent et de poids, qui discutait au sujet de l’Empire, disait :
— Mais pourquoi avons-nous besoin d’une si forte armée dans l’Inde ? Regardez le pays tout autour de nous.
Je crois qu’il ne parlait pas de plus loin que la route circulaire, ou peut-être Raneegunge.
Un de ces jours, lorsque la voix des deux cités qui ne veulent rien entendre portera jusqu’à Londres, et qu’on agira d’après des avis de ce genre, les difficultés ne tarderont pas à surgir.
Jusqu’à ce second voyage à Calcutta, je n’avais pas encore pu m’expliquer le ton aigre et la vision si bornée des journaux de la Présidence. Je vois à présent que ce sont des journaux de quartier et qu’ils devraient être traités comme tels.
En prenant votre temps — car rien ne pressait, imaginez-vous, ô vous qui restez dans vos foyers à travailler — que je m’embarquai et m’enfuis de Calcutta par la voie qu’on nomme le train des Moutons, parce qu’on expédie par là des moutons… et la correspondance pour Rangoon.
La moitié du Punjab partait avec nous pour servir la Reine dans la Police militaire de Birmanie et était heureuse d’entendre les sons rudes, rocailleux de la langue du haut pays, parmi le jacassement du Birman et du Bengali.