Quant à ce qu’est réellement le Dagon Shway, quant au nombre des livres qui ont été écrits sur son histoire et ses antiquités, ce n’est point mon affaire.

Ce monument, qui dominait tous les alentours, semblait expliquer toutes les choses de Birmanie, pourquoi les jeunes gens étaient allés mourir dans le Nord, pourquoi les troupiers battirent le pays en tous sens, pourquoi les steamers de la flottille de l’Irraouaddy ressemblaient, sur l’eau, à des mouettes au dos noir.

Alors nous allâmes dans un pays nouveau, et la première chose que nous dit un des résidents réguliers, ce fut :

— Ce pays n’a rien de commun avec l’Inde. On aurait dû en faire une colonie de la Couronne.

En jugeant l’Empire comme il doit être jugé, par ses traits les plus saillants, — videlicet par ses odeurs, — il avait raison. Car bien qu’il y ait une puanteur à Calcutta, une autre à Bombay — une troisième, et plus piquante encore, dans le Punjab, ce sont des puanteurs apparentées entre elles, tandis que dans la Birmanie, c’est une chose absolument distincte.

Ce n’est pas tout à fait l’odeur qu’on sentira en Chine, mais ce n’est point l’Inde.

— Qu’est-ce donc ? demandai-je.

Et l’homme répondit Napî, c’est-à-dire du poisson mariné qui aurait dû être enfoui depuis longtemps.

Cet aliment, ainsi que s’expriment les Guides, consommé en quantité énorme par… mais quiconque se sera trouvé sous le vent de Rangoon sait ce que signifie napî.

Quant aux autres, ils ne comprendraient pas.