Oui, c’est un pays très nouveau, un pays où les gens s’entendaient en fait de couleur, — un pays délicieusement paresseux, où abondent les jolies filles et les très mauvais cigares.
Le pis de tout cela, c’est que l’Anglo-Indien y est un étranger, un être qui ne compte pas.
Il ne sait pas le birman, ce qui est une perte peu considérable et le Madrassi s’entête à lui parler anglais.
Pour le dire en passant, le Madrassi est une institution importante.
Il remplace le Birman, qui ne veut pas travailler et, au bout de peu d’années, il revient à son rivage natal avec des anneaux aux doigts et des grelots aux orteils.
Les conséquences se voient aisément.
Le Madrassi demande, — et il les obtient — des gages énormes et arrive à savoir qu’il est indispensable.
Le Birman jouit de la beauté de la vie, pendant que les Birmanes épousent des Madrassis et des Chinois, qui ne les laissent manquer de rien.
Lorsque le Birman éprouve le désir de travailler, il cherche un Madrassi pour le faire à sa place.
Où trouve-t-il l’argent pour payer le Madrassi ?