Dans ce cas particulier la massive et blanche pagode surgissait dans le bleu, à l’ouest d’une colline murée, d’où la vue s’étendait sur quatre perspectives distinctes et aussi charmantes qu’il était à souhaiter. Les regards pouvaient se porter soit en bas sur le steamer, soit sur l’étendue argentée, vers la gauche, ou bien sur la forêt, à droite, ou enfin du côté de la terre, sur les toits de Moulmeïn.
Entre chaque pause du froufrou des costumes, et des causeries à voix basse des femmes, descendait de là-haut le tintement d’innombrables feuilles de métal, suspendues au ’htée de la pagode, lorsque la brise les agitait.
Une image dorée clignotait au soleil.
Celles qui étaient peintes regardaient fixement et tout droit devant elles par-dessus les têtes des fidèles.
Quelque part là-bas un maillet et un rabot, sans se presser, aidaient à construire encore une autre pagode en l’honneur du Seigneur de la Terre.
Resté assis, dans ma méditation, pendant que le Professeur circulait armé d’un appareil photographique, à la grande terreur de la jeunesse birmane, je fis deux découvertes notables, sur lesquelles je faillis m’endormir.
La première, c’est que le Seigneur de la Terre, c’est l’Indolence, une Indolence en couche épaisse, où l’on mêle et agite un peu de religion pour lui conserver sa douceur.
La seconde, c’était que la forme de la pagode tirait son origine de celle du renflement qu’offre le tronc du palmier-arack.
Il y en avait un entre moi et la lointaine ligne du ciel, et son profil reproduisait exactement celui d’un petit édifice de pierre grise.
Pourtant il se présenta plus tard à mon esprit une troisième découverte, et celle-là bien plus importante.