Nous nous engageâmes dans des routes bordées de maisons indigènes qu’ombrageaient les palmes toujours vertes des cocotiers chargés de jeunes fruits.
L’air chaud était chargé des aromes de la végétation, parfum différent de celui qu’exhale la terre après la pluie.
Un oiseau, je ne sais lequel, lança un appel dans les profondeurs du feuillage, et un vague murmure de tonnerre se faisait entendre dans les montagnes, comme nous en approchions, mais partout ailleurs, calme complet, et la sueur gouttelait sur nos figures.
— Maintenant il faut que vous montiez à pied cette côte, dit le conducteur, en nous montrant une petite barrière fermant un jardin botanique bien tenu. Toutes les voitures s’arrêtent ici.
Nos membres se mouvaient comme s’ils étaient de plomb. Nous respirions péniblement.
A chaque pas nous aspirions en quelque sorte la vapeur d’un bain turc.
Le sol était tout vivant de moiteur et de chaleur ; et les arbres — j’étais trop ensommeillé pour lire les étiquettes qu’avait écrites un homme d’une activité farouche, — étaient, eux aussi, moites et chauds.
La voix de l’eau murmurait quelque chose à mi-chemin de la hauteur, mais j’étais trop ensommeillé pour prêter l’oreille, et sur le sommet de la colline un gros nuage était posé, tout à fait pareil à un édredon sous lequel tout se tasse bien confortablement.
Dans l’après-midi on arriva en un pays
Où il semblait que ce fût toujours l’après-midi.