Le Conseil des Établissements des Détroits qui habite à Singapour venait justement de voter un bill (ici on appelle cela une ordonnance) supprimant toutes les sociétés secrètes chinoises dans la Colonie, et cette mesure n’attendait plus que la sanction impériale.
Un petit accident s’était produit à Singapour, à propos de je ne sais quel arrêté municipal, ayant pour objet de supprimer les vérandahs en surplomb.
Il en était résulté une bourrasque, et pendant ces trois jours ceux qui se trouvaient là reconnurent que la ville était entièrement à la merci des Chinois, qui s’étaient soulevés en masse et rendaient l’existence impossible aux autorités.
Cet incident força le gouvernement à tenir sérieusement compte des sociétés secrètes qui pouvaient exercer une telle influence.
La conséquence en fut une mesure qu’il ne sera pas facile d’imposer.
Un Chinois doit être affilié à une société secrète, n’importe laquelle.
Il a été élevé dans un pays où ces institutions étaient nécessaires pour assurer son bien-être, le protéger et lui assurer le maintien du taux de son salaire.
Il en est ainsi depuis un temps immémorial, et il les importera partout où il ira, comme il importe son opium et son cercueil.
— Vous attendez-vous à ce qu’une proclamation discrédite les sociétés secrètes ? demandai-je au docteur.
— Non, il y aura du tapage.