— Quel tapage ? Quelle sorte de tapage ?
— Il faudra un renfort de troupes peut-être, des canonnières peut-être. Vous voyez, nous aurons alors comme commandant en chef Sir Charles Warren à Singapour. Jusqu’à ce moment, notre administration militaire a été subordonnée à celle de Hong-Kong. Quand on en aura fini avec cet état de chose et que nous aurons Sir Charles Warren, les choses se passeront différemment. Mais il y aura du tapage. Ni vous, ni moi, ni personne ne serons capables de comprimer les turbulents. Toute chapelle d’idoles locales servira de centre à une société secrète. Que peut-on faire ? Jadis le gouvernement tirait d’elles quelque parti pour découvrir les crimes. Maintenant elles sont trop considérables, trop importantes pour qu’on les traite ainsi. Vous ne tarderez pas à savoir si nous avons réussi à les supprimer. Il y aura du tapage.
Il est certain que la grosse difficulté, à Penang, c’est la question chinoise.
On n’y serait pas des hommes si l’on n’y conspuait les commissaires municipaux et si l’on ne se plaignait de l’état peu hygiénique de l’île.
Si l’on s’en rapportait à son nez et à ses oreilles, Penang est bien plus propre, même dans ses rues, qu’aucun cantonnement de l’Inde, et son approvisionnement d’eau paraît parfait.
Mais j’étais assis dans le petit bureau du journal et j’écoutais des histoires d’intrigues municipales qui n’eussent pas été déplacées à Serampore ou à Calcutta.
Il n’y avait guère qu’une légère différence dans les noms.
Au lieu d’entendre parler de Ghose et de Chuckerbutty, il s’agissait de dénominations comme Yih Tat, Lo Eug, etc.
L’altruisme agressif de l’Anglais l’amène toujours à bâtir des villes pour autrui et incite des étrangers à s’introduire dans les municipalités.
Alors il en a assez de sa faiblesse et fonde des journaux pour s’infliger des blâmes.