Vous savez à quel point les ingénieurs ont la rage d’employer le jargon professionnel quand il s’agit d’une ligne créée dans l’Inde, en quelque région que l’on connaît à fond, et dont le rendement en trafic peut être déterminé à l’avance jusqu’au dernier penny.
C’est à peu près la même chose ici, à cela près que personne ne connaît d’une façon certaine la physionomie du pays au delà du point atteint par les levées de plan, non plus que celui où les travaux devront s’arrêter.
Cela donne de l’air à la conversation.
L’audace des parleurs est stupéfiante pour quiconque est habitué à voir les choses avec les yeux d’un homme de l’Inde.
Ils parlent de « parcourir la Péninsule », d’établir des communications ou de consolider l’influence, et de bien d’autres choses connues de la seule Providence. Mais ils ne soufflent jamais un mot sur la nécessité d’augmenter l’armée pour soutenir et protéger ces petites opérations.
Peut-être tiennent-ils pour établi que le Gouvernement métropolitain y pourvoira, mais cela fait un singulier effet, de les entendre discuter de sang-froid des projets qui rendront absolument nécessaire le doublement des garnisons, pour empêcher les entreprises de passer aux mains des étrangers.
Toutefois, les négociants font leur besogne, et je suppose que nous trouverons bien à prélever quelque part trois escouades et un sergent quand le moment sera venu, quand on commencera à se douter de la valeur immense qu’ont pour nous les Établissements des Détroits.
On peut prophétiser à bon compte. Dans un avenir prochain, ils seront devenus les…
A cet endroit, le Professeur lut par dessus mon épaule.
— Peuh ! dit-il, ils deviendront tout simplement une annexe de la Chine, un autre champ pour la main-d’œuvre chinoise à bon marché. Lorsque les Établissements hollandais ont été restitués, en 1815, toutes ces îles, par ici, vous savez, nous aurions bien fait de les restituer par la même occasion. Regardez.