Et il me montra là-bas ce fourmillement des Chinois.

— Laissez-moi rêver mon rêve, Professeur. Dans une minute je prendrai mon chapeau et en cinq minutes j’aurai réglé la question de l’immigration chinoise.

Mais j’avoue que l’on éprouvait quelque chagrin à regarder dans la rue, qui aurait dû être pleine de Bêharis, de Madrassis, de gens du Konkan — de gens de notre Inde.

Alors se leva et prit la parole un homme recuit par le soleil qui avait des intérêts dans le haut Bornéo.

Il possédait des excavations dans les montagnes, quelques-unes de neuf cents pieds de hauteur et remplies de guano séculaire.

Il m’avait conté des histoires de sorcier à me donner la chair de poule.

— Il faut au Bornéo septentrional, disait-il tranquillement, un million de coolies pour en tirer quelque parti.

Un million de coolies ! Mais on demande des hommes partout : dans la Péninsule, à Sumatra pour la culture du tabac, à Java — partout.

Mais Bornéo, — c’est-à-dire les Provinces de la Compagnie, — a besoin d’un million de coolies.

On est enchanté de faire plaisir à un inconnu, et je sentis qu’en parlant j’avais l’Inde derrière moi :