— Nous pourrions vous en céder deux millions, vingt millions au besoin, si vous y teniez, dis-je généreusement.

— Vos hommes ne sont pas ce qu’il faut, dit l’homme du Bornéo septentrional. Quand un homme de chez vous part, il faut qu’il emmène tout un village pour pourvoir à ses besoins. L’Inde, comme terroir de main d’œuvre ne vaut rien pour nous et les gens de Sumatra disent que vos coolies ne savent ni ne veulent cultiver le tabac comme il faut. Pour que le pays rende tout ce qu’il peut, il nous faut des coolies chinois.

Oh ! Inde, ô mon pays. Voilà ce que c’est d’avoir hérité d’une civilisation profondément perfectionnée et d’un antique code de préséances.

Il en résulte que les étrangers railleront dédaigneusement tes enfants, êtres inutiles en dehors des provinces où ils sont prisonniers comme en des pots.

Il y avait là une issue pour la main-d’œuvre, une porte qui ouvre sur d’abondants dîners, et par cette porte passaient à flot — par myriades, — des hommes jaunes, à queue de cochon — et pendant ce temps-là, au Bengale, l’indigène civilisé, directeur de journal, poussait les hauts cris, parce qu’on avait commis une « atrocité » en déplaçant, de quelques centaines de milles dans l’Assam, quelques centaines de gens !

VI

Nous ne sommes point divisés ;

Nous ne formons qu’un corps,

Unique en espérance et en doctrine

Unique en charité.