Mais le véritable motif qui me fait désirer de revenir, c’est que j’ai rencontré un tas de Juif de Chicago, et que je crains d’en rencontrer encore davantage.

Le navire est plein d’Américains, mais le jeune garçon Américain-Juif-Allemand est le plus terrible de tous.

L’un d’eux a de l’argent, et il erre de l’arrière à l’avant, en invitant les inconnus à boire, en organisant des loteries, et en commettant d’autres atrocités.

On dit couramment qu’il est mourant.

Malheureusement, il ne se dépêche pas assez de mourir.

Mais la véritable monstruosité qui se trouve sur le navire, c’est un Américain qui n’a pas encore atteint tout son développement.

Je ne puis pas l’appeler un gamin, quoiqu’officiellement il n’ait que huit ans, qu’il porte une jaquette à raies et qu’il mange avec les enfants.

Il a l’air fatigué d’un singe à l’âge d’enfance. Il a des rides autour de la bouche et sous ses yeux.

Quand il n’a pas autre chose à faire, il répond au nom d’Albert.

Pendant deux ans, il n’a cessé de voyager : il a passé un mois dans l’Inde, vu Constantinople, Tripoli, l’Espagne, a vécu sous la tente et à cheval pendant trente jours et trente nuits, ainsi qu’il s’est empressé de m’en informer, et il a épuisé la liste des félicités de ce monde.