— Je ne puis m’expliquer cela, dit le Professeur. Ils sont meilleurs artistes que l’Hindou. Pour le dire en passant, cette sculpture que vous regardez est japonaise. Meilleurs artistes, et ouvriers plus vigoureux, pris d’ensemble. Ils supportent l’entassement, ils mangent de tout, et ils sont capables de vivre avec rien.

— Et moi qui, toute ma vie, ai vanté les beautés de l’Art hindou.

C’était un petit désappointement quand j’y pensais, mais je tâchai de me consoler en songeant qu’ils étaient à une telle distance l’un de l’autre qu’aucune comparaison n’était possible. Et pourtant l’exactitude est assurément la pierre de touche de l’Art.

— Ils accablent l’univers, dit avec calme le Professeur.

Et il sortit pour acheter du thé.


Ni à Penang, ni à Singapour, pas plus qu’ici, je n’ai vu un seul Chinois dormir tant qu’il faisait jour.

Je n’ai pas vu non plus une vingtaine d’hommes qui fussent visiblement en train de flâner.

Tous allaient dans une direction définie, même le coolie sur le quai, qui trottait voler du bois dans l’échafaudage d’une maison à moitié construite.

Dans son propre pays, le Chinois est traité avec une certaine dose de sans-gêne, pour ne pas dire de férocité.