Il y a aux murs des photographies du cyclone de 1864, où le Thunder fut lancé en pleine terre et tomba sur une barque américaine, obstruant toute circulation.

Très curieuses, ces photographies : c’est à ne pas croire à leur exactitude.

Comment un grand et fort steamer peut-il avoir ses mâts rasés jusqu’au niveau du pont ? Comment une lourde péniche peut-elle être projetée en travers de la poupe d’un vaisseau de ligne à hauts bords ? Enfin comment un navire peut-il être littéralement éventré par un côté ?

Les photographies constatent que toutes ces choses-là sont possibles et on avoue qu’un cyclone peut revenir et disperser les charpentes comme de la paille.

En dehors des bureaux du Port se trouvent les hangars pour l’exportation et l’importation.

Chacun de ces bâtiments peut contenir le chargement d’un vaisseau, et tout cela est construit sur des terrains reconquis.

Il y a là une variété d’odeurs fortes, une foule de lignes de rails, une multitude d’hommes.

— Voyez-vous ce gros trolley arrêté derrière la case destinée à ce gros steamer de la Peninsular and Oriental Co. C’est dans ce même endroit, ou aussi près de là que possible, que le Govindpur coula à fond il y a une vingtaine d’années.

— Mais c’est la terre ferme ?

— C’est là qu’il s’enfonça. La marée suivante creusa une fosse le long d’un de ses flancs. La marée suivante l’y jeta. Puis la vase remplit la place qu’il avait occupée à la marée suivante. Ce phénomène recommença : toujours le creusement de la fosse, et le remplissage par la vase. Le vaisseau se déplaça ainsi, fut poussé en dehors jusqu’à ce qu’il finît par devenir un obstacle à l’embarquement et qu’il fallût le faire sauter. Quand un vaisseau coule sur un fond de vase ou sur des bas-fonds de sable, il se creuse une véritable tombe et à force de se démener, de se remuer, il s’enfonce davantage, jusqu’à ce qu’il rencontre une couche d’une résistance suffisante. Alors il ne bouge plus.