Un veilleur indigène s’y tient pour avertir quand il voit de la fumée pendant le jour ou des flammes pendant la nuit dans quelque quartier de la ville.
Du haut de ce nid d’aigle, par une chaude nuit, on entend battre le cœur de Calcutta.
Au nord, la Cité s’étend sur trois longs milles, que prolongent encore trois milles de faubourgs, jusqu’à Dum-Dum et Barrackpore.
De ce côté-là, l’obscurité piquée de lampes est pleine de bruits, de cris, d’odeurs.
Tout près du Bureau de la Police, de joyeux marins hurlent des refrains au Café des matelots.
Au sud, les lumières confuses de la ville font place aux rangées régulières de becs de gaz du Maidân et de Chowringhi, qu’habitent les gens respectables, et où la police a fort rarement affaire.
De l’Est montent au ciel la clameur de Séaldah, le roulement des tramways, toutes les voix du bazar aux arcades, se chamaillant ou plaisantant.
Vers l’Ouest sont les quartiers des Affaires, plongés maintenant dans le silence, les lanternes des boutiques sur le fleuve, et les lumières clignotantes du quartier d’Howrah.
— Est-ce que le vacarme du trafic se poursuit pendant toute la saison des chaleurs ?
— Naturellement les mois de chaleurs sont ceux où l’on fait le plus d’affaires dans l’année et où l’argent est le plus serré. Il faudrait voir que les courtiers s’arrêtent en cette saison-là ! Calcutta ne peut pas s’arrêter, mon cher Monsieur.