Il y eut jadis un roman dont l’héroïne de second plan était une Eurasienne. C’était un rôle strictement subalterne et elle finit mal.
Le poète de la race, Henry Derozio, celui dont M. Thomas Edwards a écrit l’histoire, fut dévoyé par l’imitation de Keats, de Scott et de Shelley, et en quête de matériaux littéraires, il ne vit pas ce qui se trouvait juste à portée de sa main.
Tout ce fragment d’humanité de Dhurrumtollah est inexploité, et presque ignoré.
On demande donc un écrivain sorti d’entre les Eurasiens, qui écrive de telle sorte qu’on ait du plaisir à lire une histoire de la vie eurasienne.
Alors les profanes prendront intérêt aux gens de l’Inde et admettront que c’est une race d’avenir.
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Une tentative infructueuse de gagner Park-Street en partant de Dhurrumtollah aboutit au marché, le marché Hogg, comme on l’appelle. Il a peut-être été bâti par un chevalier de ce nom.
Il n’est pas à moitié aussi joli que le Marché Crawford, à Bombay, mais il a l’air d’être… le lieu des rendez-vous amoureux de la jeunesse de Calcutta.
La jeunesse a un penchant naturel à faire la grasse matinée et à laisser toute la grosse besogne à ses anciens.
C’est pourquoi Pyrame qui a pour tâche de régler du papier pour des comptes, à dix heures, et Thisbé, qui ne saurait prendre aucun intérêt au prix du bœuf de seconde qualité, se promènent en atours d’une correction étudiée, d’étals en étals, avant que le soleil monte dans le ciel.