Les tombes sont de petites maisons. On croirait se promener dans les rues d’une ville, tant elles sont hautes et rapprochées, dans une ville ratatinée par l’action du feu et qui porterait les cicatrices de la gelée et d’un siège.

Les gens ont dû craindre que leurs connaissances ne ressuscitent avant l’heure, pour les avoir accablées sous le poids de telles masses de maçonnerie.

Que ce soit un homme fort, une faible femme, ou le tout petit « enfant de quinze mois », sur eux pèsent l’obélisque trapu, ou bien le temple classique défiguré, la cellule de Chunam, le chandelier en briques, la lourde dalle, les grilles rongées par la rouille, les chérubins aux joues bouffies, les anges apoplectiques.

L’on était riche en ce temps-là, et on pouvait s’offrir la dépense de cent pieds cubes de maçonnerie, même sur la tombe d’une personne aussi humble que « Jno. Cléments, capitaine du service de campagne, 1820 ».

Quand le « très-cher » avait occupé une situation correspondant à celle de commissaire, les efforts sont encore plus somptueux, et la poésie…

Mais voici un spécimen qui en dira plus long :

Doucement sur ta tombe le souvenir aimé versera

Sa larme brûlante mais inutile,

Et la fleur pourpre qui couvre les morts honorés

Sera semée à flots sur la tombe chérie et honorée.