— Naturellement.
— Oh, bon sang de bon sang ! Continuez, allons, Wilton.
— Je leur ai écrit que je serais fort heureux de voir leur président et de lui expliquer toute l’affaire en trois mots ; mais cela n’a pas eu l’air de les arranger. C’est à croire que leur président est quelque chose comme un dieu. Il était trop occupé, et — mais, vous pouvez le lire vous-même — ils demandaient des explications. Oui, le chef de gare d’Amberley Royal — en général, il rampe devant moi — demandait une explication, et promptement, encore. Le grand sachem de Saint Botolph en demandait trois ou quatre, et le Tout-Puissant Mamamouchi, qui graisse les locomotives, en demandait une chaque jour que Dieu fait. Je leur ai dit — je leur ai dit cinquante fois — que si j’ai arrêté leur sacro-saint express, c’est que je voulais « l’aborder[12] ». Est-ce qu’ils croient que c’était pour lui tâter le pouls ?
[12] Américanisme, pour dire : monter dedans.
— Vous n’avez pas dit cela ?
— Lui tâter le pouls ? Naturellement, non.
— Non. « L’aborder. »
— Qu’est-ce que vous vouliez donc que je dise ?
— Mon cher Wilton, à quoi servent Mrs. Sherborne et les Clay, et tous ces tas de gens occupés depuis quatre ans à faire de vous un Anglais, si, la première fois que quelque chose vous tourmente, vous retournez à votre patois ?
— J’en ai soupé, de Mrs. Sherborne et de toute la smala. L’Amérique est assez bonne pour moi. Qu’est-ce qu’il fallait dire ? « S’il vous plaît » ou « tous mes remerciements », ou quoi ? »