ELLE. — Là, vous ne voyez pas ? Du moment que vous me parlez comme cela maintenant, comment me traiterez-vous plus tard, si je ne fais pas tout comme vous voulez ? Et si vous vous montriez cruel vis-à-vis de moi, Guy, où irais-je ? — où irais-je ? Je ne peux pas me fier à vous. Oh, je ne peux pas me fier à vous !

LUI. — Vous voulez peut-être que ce soit moi qui vous dise que je peux me fier à vous. J’en ai bon motif.

ELLE. — Je vous en prie, cher ami. Cela me fait autant de mal que si vous me frappiez.

LUI. — Ce n’est pas précisément agréable pour moi.

ELLE. — Je n’y peux rien. Je voudrais être morte ! Je ne peux me fier à vous, et je ne peux me fier à moi-même. Oh, Guy, enterrons cela, et que tout soit oublié !

LUI. — Trop tard, maintenant. Je ne vous comprends pas — je ne veux pas vous comprendre — et je ne me fie pas suffisamment à moi-même, ce soir, pour causer. Puis-je me présenter chez vous demain ?

ELLE. — Oui. Non ! Oh, donnez-moi du temps ! Après-demain. Je monte ici dans mon rickshaw pour Le rejoindre chez Peliti[22]. Vous, continuez à cheval.

[22] Pâtissier-glacier élégant de Simla.

LUI. — Je vais aller chez Peliti, moi aussi. J’ai besoin de boire quelque chose. C’est comme si le ciel était tombé sur la terre, et tout me danse dans la cervelle. Qui sont ces brutes qui hurlent dans la Vieille Bibliothèque ?

ELLE. — On répète les quadrilles-chantants pour le bal travesti. Entendez-vous la voix de Mrs Buzgago ? Elle a un solo. C’est une idée toute nouvelle. Écoutez !