—Eh bien? dit Mowgli, sans tourner la tête et en ricanant.

—Je suis un vieil homme. Je ne savais pas que tu fusses rien de plus qu’un petit berger. Puis-je me lever et partir, ou bien ton serviteur va-t-il me mettre en pièces?

—Va, et la paix soit avec toi!... Seulement, une autre fois, ne te mêle pas de mon gibier... Lâche-le, Akela.

Buldeo s’en alla clopin-clopant vers le village, aussi vite qu’il pouvait, regardant par-dessus son épaule, pour le cas où Mowgli se serait métamorphosé en quelque chose de terrible. A peine arrivé, il raconta une histoire de magie, d’enchantement et de sorcellerie, qui décida le prêtre à prendre un air très grave.

Mowgli continua son travail, mais le jour tombait que les loups et lui n’avaient pas séparé complètement du corps la grande fourrure aux joyeuses couleurs.

—Maintenant, il nous faut cacher cela et rentrer les buffles. Aide-moi à les rassembler, Akela.

Le troupeau rallié s’ébranla dans le brouillard du crépuscule. En approchant du village, Mowgli vit des lumières, il entendit souffler et sonner les conques et les cloches. La moitié du village semblait l’attendre à la barrière.

—C’est parce que j’ai tué Shere Khan! se dit-il.

Mais une grêle de pierres siffla à ses oreilles, et les villageois crièrent:

—Sorcier! Fils de loup! Démon de la jungle! Va-t’en! Va-t’en bien vite, ou le prêtre te rendra à ta forme de loup. Tire, Buldeo, tire!