— C’est une sale affaire, ma vieille, fit-il. Les gens, en général, ne grimpent guère dans les toits de leurs bungalows pour mourir, et en tout cas ils ne réassujettiraient pas le vélum derrière eux. Voyons, réfléchissons.
— Allons réfléchir ailleurs, dis-je.
— Excellente idée ! Éteignez les lampes. Nous allons aller dans ma chambre.
Je n’éteignis pas les lampes. Je commençai par aller dans la chambre de Strickland, lui laissant le soin de faire l’obscurité. Puis il me suivit, après quoi nous bourrâmes nos pipes, et réfléchîmes. Strickland, du moins, réfléchit. Car, pour moi, je me mis à fumer avec rage, attendu que j’avais peur.
— Imray est de retour, dit Strickland. La question est : Qui a tué Imray ? Ne dites rien, j’ai une idée à moi. Lorsque j’ai pris ce bungalow, j’ai pris aussi la plupart des serviteurs d’Imray. Imray était un garçon sans détours et bien inoffensif, qu’est-ce que vous en dites ?
J’en tombai d’accord, malgré que le paquet qui était sous la nappe ne parût ni l’un ni l’autre.
— Si je fais venir les domestiques, ils vont se soutenir mordicus et mentir comme des Aryens. Que pensez-vous ?
— Faites-les venir un à un, dis-je.
— Ils courront tout raconter à leurs camarades, reprit Strickland. Il nous faut les isoler. Croyez-vous que votre serviteur sache quelque chose ?
— Cela se peut, je n’en sais rien ; mais je ne le crois pas probable. Il n’est ici que depuis deux ou trois jours, répondis-je. Qu’avez-vous dans l’idée ?