LA VOIX. — Ne parlons plus de mort. Il y en a déjà assez comme cela. Pip, n’allez pas, vous, mourir aussi.

LE CAP. G. — Si seulement j’osais.

LA VOIX. — Il dit : « Jusqu’à ce que la mort nous sépare. » Rien après… et du reste cela ne servirait à rien. Cela s’arrête à la mort. Pourquoi cela s’arrête-t-il là ? Et une vie si courte, encore. Pip, je regrette que nous nous soyons mariés.

LE CAP. G. — Non ? Tout, mais pas cela, Minnie !

LA VOIX. — Parce que vous oublierez et que j’oublierai. Oh ! Pip, n’oubliez pas. Je vous ai toujours aimé, quoique parfois je fusse contrariante. Si j’ai jamais rien fait qui vous ait déplu, dites que vous me pardonnez en ce moment.

LE CAP. G. — Vous n’avez jamais rien fait qui m’ait déplu, chérie, sur mon âme et sur mon honneur, jamais. Je n’ai pas la moindre chose à vous pardonner.

LA VOIX. — J’ai boudé toute une grande semaine à propos de ces pétunias. (Avec un léger rire.) En ai-je été, une petite misérable, et quelle peine cela vous a faite ! Pardonnez-le-moi, Pip.

LE CAP. G. — Il n’y a rien à pardonner. Ce fut ma faute. Ils étaient trop près de l’allée des voitures. Pour l’amour de Dieu, ne parlez pas ainsi, Minnie ! Il reste tant de choses à dire et si peu de temps pour les dire.

LA VOIX. — Dites que vous m’aimerez toujours… jusqu’à la fin.

LE CAP. G. — Jusqu’à la fin. (Hors de lui.) C’est un mensonge. Cela n’en peut être qu’un, attendu que nous nous sommes aimés. Ce n’est pas la fin.