M. (gravement). — Dieu me pardonne ! Un homme comme toi ne peut pas en arriver à ce degré-là. Une chute n’a rien d’agréable. Mais on ne pense jamais à cela.

G. — Tu crois ? Attends d’avoir à toi femme et enfant, et alors tu sauras comment le grondement de l’escadron derrière vous vous fait froid tout le long du dos.

M. (à part). — Et c’est là l’homme qui menait à Amdhéran après que Bayal-Deasin eût été dévissé, et nous étions tous en méli-mélo, et il sortit de la bagarre ruisselant comme un boucher. (Haut.) Balivernes ! Les files peuvent toujours s’entr’ouvrir, et vous pouvez toujours plus ou moins chercher votre chemin. Nous autres, nous n’avons pas la poussière pour nous embêter, comme les hommes, et qu’est-ce qui a jamais entendu parler d’un cheval mettant le pied sur un homme.

G. — Jamais… tant qu’il est en état de voir. Mais est-ce qu’ils se sont entr’ouverts pour le pauvre Errington ?

M. — Oh ! voilà qui est puéril !

G. — Je sais que cela l’est, et pire que cela. Peu m’importe. Tu as monté Van Loo. Est-ce une bête à chercher son chemin… surtout lorsque nous partons à bonne allure à l’attaque en colonne ?

M. — C’est une fois par hasard que nous partons à l’attaque en colonne, et alors seulement pour épargner du temps. Est-ce que tu n’as pas assez de trois longueurs ?

G. — Oui… tout à fait assez. C’est juste ce qu’il faut d’espace pour se voir écrasé dans les règles. Je parle en chien hargneux, je le sais bien ; mais ce que je veux te dire, c’est que, ces derniers trois mois, je me suis senti tous les sabots de l’escadron au bas du dos chaque fois que j’ai commandé.

M. — Mais, Gaddy, c’est terrible !

G. — N’est-ce pas délicieux ? N’est-ce pas royal ? Un capitaine de Hussards Roses gorgeant d’eau son cheval avant la manœuvre comme le sacré soulaud de colonel d’un régiment indigène.