MISS T. — Je le suppose. Comment diable s’arrange-t-on, lorsqu’on danse, pour passer à travers ses talons les premiers ? Regarde-moi cela, si ce n’est pas honteux ? (Elle tend le talon du bas sur sa main ouverte pour en faire l’inspection.)
MISS D. — Ne t’en occupe pas ! Impossible à raccommoder. Aide-moi à arranger ce maudit corsage. J’ai passé le lacet comme ceci, je l’ai passé comme cela et je ne peux pas arriver à mettre le bombé en place. Et cela, où le mettrais-tu ? (Elle montre les muguets.)
MISS T. — Aussi haut sur l’épaule que possible.
MISS D. — Suis-je assez grande ? Je sais que cela fait paraître May Olger bancale.
MISS T. — Oui, mais elle n’a pas tes épaules. Les siennes ressemblent à une bouteille à vin du Rhin.
LE PORTEFAIX (frappant à la porte). — Le capitaine sahib est là.
MISS D. (se levant avec effarement, et se mettant à la recherche de son corset qu’elle a banni eu égard à la chaleur du jour). — Le capitaine sahib ? Quel capitaine sahib ? Oh, bonté divine, et je ne suis qu’à demi vêtue ! Eh bien, tant pis, je ne me dérangerai pas.
MISS T. (avec calme). — Inutile, en effet. Ce n’est pas pour nous. C’est le capitaine Gadsby. Il s’en va faire une promenade à cheval avec maman. Il vient en général cinq jours sur sept.
VOIX D’ANGOISSE (d’une chambre intérieure). — Minnie, cours donner du thé au capitaine Gadsby, et dis-lui que je serai prête dans dix minutes ; et, écoute, Minnie, viens ici un instant, tu serais si gentille !
MISS T. — Oh, zut ! (A haute voix.) Fort bien, maman.