LE CAP. G. (tirant sur sa moustache et la regardant de côté, au bas de son nez). — Ha-hmmm. (A part.) Me demande ce dont la petite bécasse peut parler. Faut risquer le coup cependant.
MISS T. (à part). — Oh ! mais, c’est une torture ! Il faut que je dise quelque chose.
TOUS LES DEUX ENSEMBLE. — Êtes-vous allé…
LE CAP. G. — Je vous demande pardon. Vous alliez dire…
MISS T. (qui est restée à regarder la moustache avec une fascination pleine de respect). — Ne prendriez-vous pas des œufs ?
LE CAP. G. (regardant d’un air effaré la table à thé). — Des œufs ! (A part.) Diable ! c’est l’heure où elle fait quelque dînette. Je suppose qu’on lui a essuyé la bouche pour me l’envoyer tandis que la mère est en train de mettre ses frusques. (Haut.) Non, merci.
MISS T. (pourpre de confusion). — Oh ! ce n’est pas cela que je voulais dire. Je ne pensais pas pour un instant à des mou — à des œufs. Je voulais dire du sel. Ne prendriez-vous pas du s… des bonbons ? (A part.) Il va me prendre pour une folle furieuse. Je voudrais bien que maman arrive.
LE CAP. G. (à part). — C’était bien une dînette, et elle en a honte. Mâtin, elle n’a pas l’air si mal, lorsqu’elle rougit comme cela. (Haut, en puisant lui-même dans l’assiette.) Avez-vous vu ces nouveaux chocolats chez Péliti ?
MISS T. — Non, j’ai fait ceux-ci moi-même. De quoi ont-ils l’air ?
LE CAP. G. — Ceux-ci !… Dé-licieux. (A part.) Et c’est un fait.