« Pendant tout ce temps nous déboulions sous escorte vers les lignes des éléphants.
« — Je n’étais pas dans les lignes quand le raffut a commencé, que me dit le sergent. On l’a emmené pour transporter des tentes et autres choses analogues et pour l’atteler à un canon. Je savais bien que ça ne lui plairait pas, mais en fait ça lui a déchiré le cœur.
« — Bah, ce qui est de la nourriture pour l’un est du poison pour l’autre, que je dis. C’est d’avoir été mis à transporter des tentes qui m’a perdu moi aussi.
« Et mon cœur s’attendrit sur le vieux Double-Queue parce qu’on l’avait également mal traité.
« — A présent nous allons le serrer de près, que dit le sergent, une fois arrivés aux lignes des éléphants.
« Tous les mahouts et leurs gosses étaient autour des piquets, maudissant mon coursier à les entendre d’une demi-lieue.
« — Sautez sur le dos de mon éléphant, qu’il me dit. Il va y avoir du grabuge.
« — Écartez tous ces gueulards, que je dis, ou sinon il va les piétiner à mort. (Je sentais que ses oreilles commençaient à frémir.) Et débarrassez-nous le plancher, vous et vos immorales éléphantes. Je vais descendre ici. Malgré son long nez de Juif, c’est un Irlandais, que je dis, et il faut le traiter comme un Irlandais.
« — Êtes-vous fatigué de vivre ? que me dit le sergent.
« — Pas du tout, que je dis ; mais il faut que l’un de nous deux soit vainqueur, et j’ai idée que ce sera moi. Reculez, que je dis.