— Voilà, reprit Tom, une jolie chose à raconter à ton vrai mari légitime… à preuve que j’ai payé cinq shillings pour l’anneau de mariage. Le curé qui est toujours ici ? Tu as un culot formidable. Tu n’es pas honteuse ? Serait-il pas sous le lit à cette heure ?
— Tom, tu es saoul à crever. Je n’ai rien a fait dont je doive être honteuse.
— Toi ! Tu ignores la honte. Mais je ne suis pas venu ici pour m’occuper de toi. Donne-moi ce que tu as, et puis je te donnerai une raclée et m’en irai retrouver Jenny.
— Je n’ai rien que du billon et un shilling ou deux.
— Il paraît cependant que le curé t’entretient à cinq livres par semaine.
— Qui t’a dit cela ?
— La mère de Lascar Lou, étendue là dehors sur le pavé, et plus honnête que tu ne le seras jamais. Donne-moi ce que tu as.
Badalia s’en alla prendre sur la cheminée une petite pelote à épingles en coquillages, en tira quatre shillings et trois pence… le produit légitime de son travail… et les tendit à l’homme, qui se balançait dans son fauteuil et considérait la chambre en roulant des yeux égarés.
— Ça ne fait pas cinq livres, dit-il d’une voix somnolente.
— Je n’ai pas plus. Prends et va-t’en, puisque tu ne veux pas rester.