Et quand l’homme et la femme se furent éloignés, il appela Virgo « ma femme chérie », et derechef Virgo pleura de pur bonheur.
— Je pense, dit-elle enfin, s’essuyant les yeux, je pense que toi et moi nous avons trop négligé les hommes et les femmes. Qu’as-tu fait des sacrifices qu’ils t’ont offerts ?
— Je les ai laissés brûler, répondit Leo. Je ne pouvais les manger. Et toi, qu’as-tu fait de leurs fleurs ?
— Je les ai laissées se flétrir, répliqua Virgo. Je ne pouvais m’en parer : j’en avais déjà trop à moi. Et maintenant j’en suis triste.
— Il n’y a pas de quoi se chagriner, reprit Leo ; nous sommes l’un à l’autre.
Tandis qu’ils s’entretenaient, les ans de la vie humaine coulaient à leur insu, et bientôt l’homme et la femme s’en revinrent, tous deux chenus, et l’homme portait la femme.
— Nous sommes arrivés à la fin des choses, dit l’homme avec calme. Celle qui fut ma femme…
— Comme je suis la femme de Leo, reprit bien vite Virgo, dont les yeux brillèrent.
— … qui fut ma femme, a été tuée par l’une de vos Maisons.
L’homme déposa son fardeau et se mit à rire.