— Quel rapport cela a-t-il avec ce hideux labeur ? demanda Leo, arrêté sur la digue qui bornait le champ inondé.
— Beaucoup. Cet homme ne pouvait labourer sans mon aide. Il me prend pour une bête échappée.
— Mais c’est un pacant croûté de boue et aux cheveux emmêlés, reprit Leo. Nous ne sommes pas destinés à son usage.
— Toi peut-être pas, mais moi, si. Je ne peux dire quand il prendra fantaisie au Scorpion de me piquer de son dard mortel… peut-être avant que j’aie retourné ce sillon.
Le Taureau lança sa masse dans le joug, et derrière lui la charrue déchira la terre grasse, et le paysan l’aiguillonna au point de lui rougir les flancs.
— Cela te plaît ? cria Leo, du bout des sillons ruisselants.
— Non, répondit le Taureau par-dessus son épaule en arrachant ses pattes de derrière de la fange collante, et s’éclaircissant les naseaux.
Dédaigneusement, Leo le quitta et s’en alla dans une autre contrée, où il trouva son frère le Bélier au centre d’une foule de gens du pays qui suspendaient à son cou des guirlandes de fleurs et lui donnaient à manger du blé vert frais cueilli.
— Voilà qui est abominable, dit Leo. Disperse cette foule et va-t’en, mon frère. Leurs mains souillent ta toison.
— Je ne puis, dit le Bélier. Le Sagittaire m’a prédit qu’un jour, jour dont je n’ai pas connaissance, il me percera d’une flèche, et que je mourrai en d’extrêmes douleurs.