— Et de les faire s’aimer comme nous, reprit Virgo.
— Je ne crois pas qu’ils aient besoin d’en être instruits, dit Leo.
Et il s’éloigna très en colère, avec sa peau de lion lui battant sur l’épaule. Il arriva à la Maison où le Scorpion habite, brandissant sa queue par-dessus son dos.
— Pourquoi nuis-tu aux enfants des hommes ? demanda Leo, le cœur défaillant.
— Es-tu sûr que je nuise seulement aux enfants des hommes ? interrompit le Scorpion. Demande à ton frère le Taureau, et tu verras ce qu’il te dira.
— Je suis venu à cause des enfants des hommes, reprit Leo. J’ai appris à aimer comme eux, et je veux qu’ils vivent comme moi… comme nous.
— Ton souhait est réalisé depuis longtemps. Demande au Taureau. Il est sous ma garde particulière, répondit le Scorpion.
Leo s’en retourna sur la terre, et vit la grande étoile Aldébaran, qui est sertie dans le front du Taureau, étinceler tout proche de terre. Quand il fut arrivé auprès d’elle, il vit que son frère le Taureau, attelé à la charrue d’un laboureur, peinait tête basse dans l’eau d’une rizière, et la sueur ruisselait de ses flancs. Le laboureur le poussait de l’avant à l’aide d’un aiguillon.
— Déchire cet insolent, mets-le à mort ! s’écria Leo, et pour l’amour de notre honneur, sors de la fange.
— Je ne puis, dit le Taureau, le Scorpion m’a prédit qu’un jour, jour dont je n’ai pas connaissance, il me piquera à l’endroit où mon cou s’attache à mes épaules, et que je mourrai en meuglant.