— Abattez-le, suppliai-je. Fendez-lui d’abord le crâne, et je m’expliquerai ensuite.

Le premier agent, celui qu’on avait assailli, tira son bâton et l’asséna sur la tête de mon compagnon. Le haute-forme de soie éclata et son propriétaire tomba comme une bûche.

— Ça y est ! fis-je. Voilà que vous l’avez tué.

Holywell street ne se couche jamais. Un petit rassemblement se forma sur-le-champ, et quelqu’un de race germanique brailla :

— Fous l’afez dué !

Un autre lança :

— Prenez son numéro, crénom ! Je l’ai vu taper tant qu’il a pu. Ouah !

Or, quand la bagarre avait commencé, la rue était déserte, et à part les deux agents et moi, personne n’avait vu asséner le coup. Je prononçai donc à voix haute et joviale :

— Cet homme est un ami à moi. Il est tombé du haut mal. Dites, sergot, voulez-vous aller chercher l’ambulance.

Et tout bas j’ajoutai :