Il savait qu'il était dangereux d'avoir affaire à la petite boîte, qu'elle fût active ou inactive, et que l'amour est un terrible présent, quand il vient sans qu'on le cherche.

Pack, «Pack le pouilleux» comme nous avons l'habitude de l'appeler, était à tous les points de vue un vilain petit homme, qui avait dû se glisser par erreur dans l'armée.

Il était de trois pouces plus grand que son sabre, mais il s'en fallait de moitié qu'il fût aussi solide, et le sabre était un objet de cinquante shillings, un article de camelote.

Personne ne l'aimait, et je suppose que ce fut son aspect ratatiné et son manque absolu de tout mérite qui le firent s'amouracher si complètement de miss Hollis, qui était bonne et douce, et avait cinq pieds sept pouces dans ses souliers de tennis.

Il ne se borna pas à devenir tranquillement amoureux. Il apporta à cet amour tout ce qu'il y avait d'énergie dans sa misérable petite nature. S'il n'avait pas été aussi antipathique, il aurait inspiré de la pitié.

Il s'agita, se démena, s'irrita, trottina dans tous les sens.

Il s'évertua à se rendre intéressant aux grands yeux gris et calmes de miss Hollis, et il échoua.

Ce fut là un de ces cas comme on en rencontre parfois, même dans ce pays où nous nous marions d'après le Code, un de ces cas d'amour réellement aveugle d'un seul côté, sans qu'on puisse entrevoir la moindre chance de récompense.

Miss Hollis regardait Pack comme une sorte de vermine qui courait sur la route.

Il n'avait d'autre avenir que la solde de capitaine, et il n'avait pas assez d'esprit pour gagner un anna de plus.