Non, le vieux entendait parfaitement son affaire, et, pour un Chinois, il était très propre.
C'était un petit bonhomme borgne, dont la taille ne dépassait guère cinq pieds, et qui n'avait plus de doigts médians aux deux mains.
Il n'en était pas moins l'homme le plus expert que j'aie jamais vu pour rouler les pilules noires.
Il n'avait pas l'air d'être affecté par la Fumée, et pourtant il en absorbait une bonne dose le jour et la nuit.
Je l'ai fréquenté cinq ans. Pour fumer, je puis tenir tête à n'importe qui, mais sous ce rapport je n'étais qu'un enfant à côté de Fung-Tching.
N'empêche que le vieux était très près de ses intérêts, et c'est ce que je ne puis comprendre.
J'ai entendu dire qu'il avait économisé une forte somme; mais maintenant c'est son neveu qui a tout cela, et le vieux est retourné en Chine pour y être enterré.
Il tenait la grande chambre d'en haut,—réservée à ses meilleurs clients,—aussi propre qu'une épingle neuve.
Dans un coin, on voyait le magot de Fung-Tching, presque aussi laid que Fung-Tching lui-même. Des bâtons brûlaient continuellement devant son nez, mais on ne les sentait pas quand les pipes étaient bien en train.
En face du magot était le cercueil de Fung-Tching: il y avait consacré une bonne partie de ses économies, et toutes les fois qu'un nouveau client venait à la Porte, on le lui montrait. Ce cercueil était laqué de noir, avec des inscriptions en rouge et en or, et j'ai entendu dire que Fung-Tching avait fait venir tout cela de Chine.