Je les ai regardés pendant bien des nuits.
J'avais pris l'habitude de régler ma Fumée d'après eux, mais maintenant il me faut une douzaine de pipes pour qu'ils bougent. En outre, ils sont tout à fait abîmés et salis, comme les nattes, et le vieux Fung-Tching est mort.
Il est mort, il y a une couple d'années; il m'a donné la pipe dont je me sers toujours maintenant, une pipe en argent, avec de drôles de bêtes qui montent et qui descendent le long du récipient, sous le fourneau.
Auparavant, à ce que je crois, je me servais d'un gros tuyau de bambou, avec un fourneau de cuivre, très petit, à embouchure en jade vert.
Il était un peu plus gros qu'une canne, et la Fumée en était douce, très douce. On eût dit que le bambou aspirait la Fumée.
L'argent ne la garde pas, et il faut le nettoyer de temps en temps; c'est très ennuyeux, mais je continue à y fumer en souvenir du vieux.
Il a dû gagner beaucoup sur moi, mais il me donnait toujours des nattes et des oreillers propres et la meilleure drogue qu'on pût trouver.
Quand il mourut, son neveu Tsing-Ling prit possession de la Porte, et il l'appela le Temple des Trois Possessions; mais nous, les vieux, nous continuons à l'appeler tout de même la Porte des Cent Chagrins.
Le neveu fait les choses très chichement, et je crois que la Memsahib doit l'aider. Elle demeure avec lui, tout comme elle faisait avec le vieux.
Ils reçoivent un tas de gueux, des nègres, etc., et la Fumée noire n'est plus aussi bonne que dans le temps.