Il annonça à miss Venner qu'il allait prendre un congé et qu'il espérait, à son retour, lui apporter un présent digne d'elle.
Attendrait-elle?
Certainement, elle attendrait.
Wressley touchait dix-sept cents roupies par mois. Elle attendrait bien un an pour cela. Sa maman l'aiderait à patienter.
Wressley prit donc un congé d'un an et, en même temps, tous les documents qu'il put réunir, ce qui représentait à peu près la charge d'un wagon de marchandises. Puis il se rendit dans l'Inde centrale, tout plein de son sujet.
Il commença son livre dans le pays dont il allait parler.
A force d'écrire des lettres officielles, il était devenu un écrivain froid, et il avait dû deviner qu'il lui fallait mettre la lumière blanche de la couleur locale sur sa palette. C'est une couleur dont l'emploi imprudent est dangereux pour les amateurs.
Dieu sait quelle peine il se donna!
Il prit ses rajahs, les analysa, retrouva leur ascendance jusque dans les brouillards du passé, et plus haut encore, sans omettre leurs reines et leurs concubines.
Il data, contre-data, fit des arbres généalogiques, les développa, compara, nota, renota, tissa, enchevêtra, fit des fiches, les classa, les reclassa, calcula, dressa des tableaux chronologiques et les refit, en travaillant dix heures par jour.