Parce qu'elle ne méritait l'estime ni le respect de personne, il la respectait de loin et lui reconnaissait toutes les vertus de la Bible, et la plupart de celles qui se trouvent dans Shakespeare.

Ce gros homme, sombre, distrait, si nerveux quand il entendait un cheval trotter derrière lui, était devenu le satellite de mistress Reiver, et il rougissait de plaisir quand elle lui disait un mot ou deux.

Son admiration était rigoureusement platonique; les autres femmes elles-mêmes le voyaient et en convenaient.

Il ne sortait jamais dans Simla, de sorte qu'il n'entendait rien dire contre son idole.

C'était tout ce qu'il fallait.

Mistress Reiver ne lui accordait aucune attention particulière.

Elle ne voyait en lui qu'un nouvel admirateur à inscrire sur l'interminable liste de ses conquêtes.

Elle allait de temps à autre faire une promenade avec lui, rien que pour montrer qu'il était sa chose, et qu'elle pouvait le revendiquer.

Moriarty faisait sans doute presque tous les frais de la conversation, car mistress Reiver n'avait pas grand'chose à dire à un homme d'un tel niveau, et le peu qu'elle disait n'aurait pu être de grand profit.

Ce à quoi croyait Moriarty, et cela pour de bonnes raisons, c'était à l'influence qu'exerçait sur lui mistress Reiver. Convaincu de cela, il entreprit sérieusement de se défaire du seul vice qu'il se connût.