UNE ESCROQUERIE FINANCIÈRE

Il buvait des liqueurs fortes et son langage était grossier; il achetait des effets et évitait de les payer; il «collait» des chevaux aux jeunes naïfs et il gagnait d'une façon suspecte aux concours athlétiques. Puis, entre un vice et une folie, il se cachait pour faire de bonnes actions, et pour les cacher, il mentait.

Le Mess.

Si Reggie Burke était actuellement dans l'Inde, il serait fort mécontent qu'on racontât cette histoire; mais il est à Hong-Kong, il ne la lira point, et on ne risque rien à la redire.

Reggie Burke est l'auteur de cette grande escroquerie, dont fut victime la banque du Sind et de Sialkote.

Il était gérant d'une succursale du Haut Pays.

C'était un homme doué d'un grand sens pratique, et connaissant à fond le mécanisme du prêt aux indigènes et des assurances.

Il savait mener de front les frivolités de l'existence et les devoirs de sa profession et s'en tirait fort bien.

Reggie Burke montait tous les chevaux qui consentaient à se laisser monter, dansait avec autant de grâce qu'il montait, et on avait recours à lui chaque fois qu'on organisait quelque divertissement à la Station.

Ainsi qu'il le disait lui-même, ainsi que bon nombre de gens s'en aperçurent à leur grande surprise, il y avait deux Burke, également à votre service. D'abord Reggie Burke, de quatre à dix, prêt à n'importe quoi, depuis une partie sur le gymkhana[20] par temps chaud jusqu'à un pique-nique à cheval, et de dix à quatre, M. Reginald Burke, gérant de la succursale de la banque du Sind et de Sialkote.

[20] Stade, terrain de sports.