—Qu'est-ce que je peux faire?

—Rien, dit le docteur. On peut le considérer en fait comme un homme mort. Faites qu'il soit tranquille et gai. Dites-lui qu'il est en train de se rétablir. Voilà tout. Je le soignerai, naturellement, jusqu'au bout.

Le docteur partit, et Reggie s'assit pour dépouiller le courrier du soir.

La première lettre qu'il y trouva venait des directeurs. Elle avait pour but de l'informer que M. Riley devait cesser ses fonctions dans un délai d'un mois, aux termes des conventions. Elle avisait Reggie que la lettre destinée à Riley allait suivre et prévenait Reggie de l'arrivée d'un nouveau comptable, que Reggie connaissait et appréciait.

Reggie alluma un cigare et, avant qu'il eût fini de le fumer, il avait esquissé le plan d'une supercherie.

Il fit disparaître la lettre du directeur et alla voir Riley, qui était aussi grognon que d'habitude et qui se demandait avec beaucoup d'inquiétude comment la banque marcherait pendant sa maladie.

Il ne songea pas un instant au surcroît de besogne qui allait incomber à Reggie. Il ne pensait qu'au retard qui en résulterait pour son avancement.

Alors Reggie l'assura que tout irait bien, et que lui, Reggie, viendrait tous les jours le consulter sur la direction de la banque.

Riley fut un peu radouci, mais laissa entendre fort clairement qu'il ne croyait guère à l'aptitude de Reggie pour les affaires.

Reggie se fit humble. Pourtant il avait dans son bureau des lettres des directeurs, dont le meilleur gérant de succursale se fût montré fier.