Il lui fallut s'en expliquer avant de s'installer dans une pièce unique, aux environs du bureau où il travaillait tout le jour.
Son installation se composait d'une toile cirée verte pour couvrir la table, d'une chaise, d'un charpoy[31], d'une photographie, d'un gros verre très épais pour se laver les dents, d'un filtre coûtant sept roupies huit annas; il prenait pension à trente-sept roupies par mois.
[31] Lit-divan.
Cela, c'était un prix exorbitant.
Il n'avait pas de punkah[32], car un punkah coûte quinze roupies par mois, mais il dormait sur le toit du bureau, avec les lettres de sa femme sous son oreiller.
[32] Ventilateur oscillant.
De temps à autre, il recevait une invitation à dîner où il bénéficiait du punkah et, par surcroît, d'une boisson à la glace. Mais c'était rare, car les gens hésitaient à accueillir un jeune homme qui laissait voir des instincts d'Écossais marchand de chandelles et qui menait une vie aussi sordide.
Dicky ne pouvait apporter sa quote-part à aucun amusement. Aussi n'en connaissait-il d'autre que celui de feuilleter son traité de banque, et de lire ce qu'il y trouvait au sujet des «emprunts sur garanties».
Cela ne lui coûtait rien.
Il envoyait ses subsides, disons-le en passant, par l'intermédiaire d'une banque de Bombay, et la station ne savait rien de ses affaires personnelles.