Au lieu de remercier son étoile de ce qu'il était libre, Dicky découvrit exactement quels sont les sentiments d'un mari trompé, encore une chose qu'un jeune homme n'a aucun droit de connaître.
Son esprit se reporta vers sa femme.
Il la revit installée dans l'appartement à trente shillings de Montpelier Square, alors que se levait l'aube du dernier jour qu'il avait passé en Angleterre, et qu'elle pleurait au lit.
A ce souvenir, il se roula sur sa couche et se mordit les doigts.
Il ne s'arrêta pas une minute à l'idée que s'il avait rencontré mistress Hatt après ces deux années, il aurait trouvé qu'elle et lui avaient complètement changé, et qu'ils étaient deux êtres tout à fait différents.
Théoriquement, c'est ce qu'il eût dû faire.
Il passa une nuit plutôt pénible après l'arrivée du courrier d'Angleterre.
Le lendemain, Dicky Hatt se sentit peu de disposition pour le travail. Il se dit qu'il s'était privé, sans le savoir, du plaisir de la jeunesse.
Il était à bout de forces.
Il avait goûté à tout ce qu'il y a de douloureux dans la vie, avant d'avoir vingt-trois ans.