Pinecoffin répondit à grand renfort d'arguments que le cochon exotique serait absorbé dans l'espèce indigène et, pour le prouver, il cita des statistiques sur l'élevage du cheval.

Cette question annexe fut débattue très longuement par Pinecoffin, si bien que Nafferton finit par convenir qu'il était dans l'erreur et revint à la première question.

Lorsque Pinecoffin eut presque épuisé sa science à étudier les animaux producteurs de viande, la fibrine, le glucose, et les éléments azotés qui entrent dans le maïs et la luzerne, Nafferton souleva la question des frais.

A ce moment-là, Pinecoffin, qui avait été rappelé de Kohat, avait élaboré une théorie personnelle sur le cochon, et l'avait développée en trente-sept pages in-folio, que Nafferton classa soigneusement. Puis il demanda de nouveaux détails.

Tout cela avait pris dix mois.

Le zèle de Pinecoffin pour le cochon théorique commençait à faiblir, une fois ses propres vues exposées. Mais Nafferton le bombarda de lettres où il lui présentait le problème «sous son aspect impérial, en ce sens qu'il en résulterait une sorte de contrôle officiel du commerce du porc, ce qui aurait pour effet de choquer la population musulmane de l'Inde Supérieure».

Il devina que Pinecoffin aurait besoin de quelque vaste sujet à traiter librement, après sa besogne de menus détails, de petits points, de fractions décimales.

Pinecoffin traita cet aspect de la question de façon magistrale; il prouva qu'on «n'avait à redouter aucune ébullition populaire due à l'agitation des esprits».

Nafferton déclara que rien n'était comparable à la perspicacité des fonctionnaires du service civil en ces matières, et il l'attira dans un sentier détourné: «Les bénéfices que le gouvernement retirerait de la vente des soies de cochon.»

Il y a toute une littérature sur les soies de cochon et les brosses à souliers; et les spécialités des marchands de couleurs admettent une variété de soies dont vous n'avez nulle idée.