Bobby reçut ses ordres de rappel en revenant d’un bal à la villa du vice-roi, où il avait...

La petite Haverley fut seule à savoir ce qu’avait dit Bobby, ou combien de valses il avait demandées pour le prochain bal.

A six heures du matin, on vit Bobby au bureau des tongas par une pluie battante.

Il avait encore aux oreilles le tourbillon de la dernière valse, et dans le cerveau une ivresse qui n’était due ni au vin, ni à la valse.

—Brave homme! cria à travers le brouillard Deighton, de la batterie à cheval. Où avez-vous déniché ce tonga? Je pars avec vous. Oh! j’ai une tête et demie. Moi, je n’ai pas veillé toute la nuit. On dit que la batterie est terriblement malade.

Et il se mit à fredonner douloureusement:

Laissez le... chose... ou comment cela s’appelle-t-il?
Laissez le troupeau sans abri,
Laissez le cadavre sans sépulture,
Laissez la fiancée devant l’autel.

Par ma foi, il sera plutôt question de cadavre que de fiancée, dans ce voyage. Montez, Bobby. En route, cocher.

Sur le quai d’embarquement d’Umballah, un groupe d’officiers discutaient sur les dernières nouvelles du cantonnement atteint, et ce fut là que Bobby apprit la situation réelle des Queues-Tortillées.

—Ils sont allés camper sous la tente, dit un major âgé, rappelé des tables de whist de Mussoorie, auprès d’un régiment indigène malade, ils sont allés camper sous la tente avec deux cent dix malades dans des voitures. Deux cent dix cas de fièvre seulement, et le reste avait l’air de fantômes qui auraient mal aux yeux. Un régiment de Madras aurait pu leur passer à travers le corps.