—Mais ils étaient aussi bien portants que de gros pères quand je les ai quittés.
—Alors vous ferez mieux de rejoindre votre régiment pour les remettre dans l’état où vous les avez quittés, répondit brutalement le major.
Bobby posa son front contre la vitre brouillée par la pluie, pendant que le train roulait lourdement à travers le Doon tout détrempé et il pria pour la santé des Queues-Tortillées de la Tyne.
Nainé Tal avait envoyé son contingent avec toute la hâte possible.
Les poneys de la route de Dalhousie arrivèrent tout fumants, d’une allure incertaine, à Pathankot.
On les avait poussés jusqu’à l’extrême limite de leurs forces.
Pendant ce temps, la Malle de Calcutta expédiait des nuages de Darjeeling le dernier retardataire de la petite armée qui avait à livrer bataille, une bataille où le vainqueur ne devait gagner ni honneur ni médaille, contre un ennemi qui n’était ni plus ni moins que «la maladie qui tue en plein air».
Chaque officier, en faisant constater sa rentrée, disait: «C’est une mauvaise affaire» et allait aussitôt à ses quartiers, car chaque régiment, chaque batterie était sous la tente, où la Maladie lui tenait compagnie.
Bobby se fraya passage à travers la pluie jusqu’au mess improvisé des Queues-Tortillées et Revere faillit se jeter au cou du jeune homme tant il était joyeux de revoir cette laide et florissante physionomie.
—Veillez à ce qu’ils soient constamment distraits, intéressés, dit Revere. Ils se sont mis à boire, ces pauvres sots, après les deux premiers cas, et ça n’a point amélioré les choses. Oh! quelle chance de vous ravoir, Bobby! Porkiss est un... mais peu importe!