Deighton vint du camp de l’Artillerie prendre part à un dîner morne, au mess, et contribua à l’accablement général en pleurant presque sur l’état de sa bien-aimée batterie.

Porkiss s’oublia au point d’insinuer que la présence des officiers ne pouvait faire aucun bien, et que le meilleur parti à prendre était d’envoyer le régiment entier à l’hôpital, «pour que les médecins s’en chargent.»

Porkiss était démoralisé par la frayeur et ne retrouva point la paix de l’esprit quand Revere dit froidement:

—Oh! plutôt vous partirez, mieux cela vaudra, si c’est là votre façon de penser. La première école publique venue peut m’envoyer cinquante gars solides, à votre place, mais il faut du temps, Porkiss, il faut de l’argent, il faut se donner assez de mal pour faire un régiment. Supposons que vous soyez la personne à cause de laquelle nous allons en campement, eh!

Sur cela, Porkiss fut pris d’une grande crainte qui le glaça et qu’une exposition à une pluie torrentielle n’était guère propre à calmer.

Deux jours plus tard, il quitta ce monde pour un autre, où l’on tient grand compte des faiblesses de la chair, à ce que les hommes se plaisent à espérer.

Le sergent-major du régiment jeta un regard ennuyé à travers la tente du mess des sergents, quand on apporta cette nouvelle.

—C’est le pire d’entre eux qui part, dit-il, la maladie prendra le meilleur, et alors plaise à Dieu qu’elle s’arrête.

Les sergents restèrent silencieux.

L’un d’eux finit par dire: