Dans l’Inde, il fait souvent une chaleur accablante, et comme le compte des briques est toujours une quantité préfixée, comme d’autre part on n’a d’autre liberté que celle de travailler après les heures de services, sans recevoir pour cela seulement un merci, on est sujet à plier sous le faix et à devenir aussi embrouillé que les métaphores de la présente phrase.

Heatherlegh est le plus aimable docteur qui fut jamais et son ordonnance invariable pour tous les malades est: «Couchez bas, marchez lentement et tenez-vous au frais.»

Il dit qu’il y a plus de gens victimes du surmenage que ne le comporte l’importance de ce monde.

Il prétend que le surmenage a tué Pansay, qui mourut entre ses bras, il y a environ trois ans. Il a certes le droit d’être très affirmatif et il rit quand j’expose ma théorie, à savoir que Pansay avait une fêlure à la tête et qu’un petit morceau du Monde Ténébreux passa au travers et l’écrasa au point qu’il en mourût.

—Pansay lâcha la rampe, dit Heatherlegh, après la stimulation que lui avait donnée un long congé passé en Angleterre. Il se peut qu’il se soit ou non conduit comme un gredin envers mistress Keith-Wessington. Mon idée à moi est que le travail que lui donna l’installation de Katabundi lui cassa les reins et qu’il se mit à ruminer et à s’exagérer une de ces flirtations de la Peninsular and Oriental comme on en voit tous les jours. Il était certainement fiancé à miss Mannering, et c’est bien elle qui a rompu leur engagement. Puis, il prit un froid qui lui donna la fièvre, et toutes ces sottises à propos de fantômes se donnèrent libre cours. Le surmenage fut le point de départ de sa maladie; il le tint debout et finit par tuer ce pauvre diable. Portez-le au passif du système qui use un homme à faire la besogne de deux hommes et demi.

Cela, je ne le crois pas.

Il m’arrivait souvent de demeurer au chevet de Pansay, pendant que Heatherlegh était en visite chez ses clients et que je me tenais prêt à répondre à tout appel.

Il me crevait en décrivant, d’une voix basse, uniforme, la procession qui ne cessait de défiler au pied de son lit.

Il avait sur son langage l’empire qu’exerce un malade.

Quand il fut guéri, je lui suggérai d’écrire toute son histoire de A jusqu’à Z.