Je savais que l’encre pourrait l’aider à se soulager l’esprit.

Il était en proie à une fièvre violente pendant qu’il écrivait et le style pour Magazines à horreurs tragiques, qu’il adopta, ne le calma point.

Deux mois après, il fut l’objet d’un rapport qui le déclarait apte à reprendre le service, mais en dépit du fait qu’on avait un pressant besoin de lui pour aider un commissaire, dont le personnel était trop restreint, à franchir péniblement les difficultés d’un déficit, il aima mieux mourir. Il jura jusqu’au dernier jour qu’il était possédé par une sorcière.

Je reçus de lui son manuscrit avant sa mort, et voici sa version datée de 1885, et telle qu’il la mit par écrit.

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Mon médecin me dit que j’ai besoin de repos et de changement d’air.

Il est assez probable que j’aurai l’un et l’autre avant peu,—un repos que le messager en uniforme rouge, non plus que le coup de canon de midi ne sauraient troubler; un changement d’air bien autrement complet que ne pourrait me le donner un steamer en partance pour l’Angleterre.

En attendant, je suis décidé à rester où je me trouve, et bravant carrément les ordres de mon médecin, à prendre l’Univers entier pour confident.

Vous apprendrez, vous, la nature précise de ma maladie, et vous jugerez aussi par vous-mêmes s’il fut jamais homme né d’une femme, sur cette terre de misères, qui ait été tourmenté comme je le fus.

Je parle en ce moment comme pourrait le faire un criminel condamné à la pendaison, avant qu’on tire les verrous de la trappe. Ainsi donc mon récit, pour fantastique, pour hideusement improbable qu’il puisse paraître, mérite au moins l’attention.