Je m’en informerais et je demanderais à leur maître de me faire la faveur toute personnelle de modifier leur livrée.
Je prendrais, au besoin, ces hommes à mon service. Je leur achèterais les habits qu’ils avaient sur le dos.
Impossible de décrire le flot de souvenirs importuns que fit affluer en moi leur présence.
—Kitty, m’écriai-je, voici les jhampanies de cette pauvre mistress Wessington qui reparaissent. Je me demande qui les a pris maintenant.
Kitty avait lié superficiellement connaissance avec mistress Wessington la saison précédente et s’était vivement intéressée à cette femme maladive.
—Quoi? Où cela? demanda-t-elle. Je ne les crois nulle part.
Au moment même où elle parlait, son cheval faisant un écart pour éviter un mulet chargé, se jeta juste devant le rickshaw qui avançait.
J’eus à peine le temps de jeter un mot d’avertissement quand je vis, avec une horreur indicible, le cheval et l’amazone passer à travers les hommes et le véhicule, comme s’ils avaient été une légère vapeur.
—Qu’y a-t-il? s’écria Kitty. Qu’est-ce qui vous a fait jeter cet appel affolé? Si je suis fiancée, je ne tiens pas à ce que l’Univers entier le sache. Il y avait bien assez de place entre le mulet et la vérandah, et si vous croyez que je ne sais pas me tenir à cheval... Tenez!
Sur quoi la volontaire Kitty, redressant sa tête mignonne, se mit à lancer sa monture au grand galop dans la direction du kiosque à musique.