Entre ses bras je défierais le fantôme qui occupait ce rickshaw.

«Après tout, raisonnais-je, la présence du rickshaw est à elle seule une preuve suffisante qu’il s’agit d’une hallucination spectrale. On peut voir les fantômes d’hommes et de femmes, mais les fantômes de coolies et de voitures, certainement non. Tout cela est absurde; peut-on imaginer le fantôme d’un homme des Collines?»

Le lendemain, j’envoyai une lettre pleine de repentir à Kitty pour la supplier d’oublier mon étrange conduite de la veille au soir.

Ma déesse était encore furieuse et il fallut aller m’excuser en personne.

J’expliquai donc, avec une abondance de parole due à une longue méditation nocturne en vue d’inventer un mensonge, que j’avais été pris de palpitations de cœur, résultat d’une indigestion.

Cette solution, éminemment pratique, produisit son effet.

Kitty et moi, nous fîmes dans l’après-midi une promenade à cheval, où nous eûmes entre nous l’ombre de mon premier mensonge.

Rien ne put lui plaire, à l’exception d’un temps de trot autour de Jakko.

J’avais les nerfs encore ébranlés par la dernière nuit et je protestai faiblement contre cette idée.

Je suggérai la colline de l’observatoire, Jutogh, la route du marché de Boileau, n’importe quoi plutôt que le tour de Jakko.