Kitty témoigna de la mauvaise humeur, et se montra quelque peu colère.

Je cédai par crainte de provoquer une nouvelle brouille.

Nous partîmes donc ensemble vers Chota Simla.

Nous fîmes une grande partie du trajet à pied, puis selon notre habitude, l’on se mit au trot à un mille ou deux du Couvent jusqu’à la partie horizontale de la route qui mène au Réservoir de Sanjowlie.

Ces malheureux chevaux semblaient avoir des ailes et mon cœur battait de plus en plus vite à mesure que nous nous rapprochions du sommet de la montée.

Pendant toute l’après-midi, je n’avais fait que penser à mistress Wessington, et chaque pouce de la route de Jakko gardait un souvenir de nos promenades et de nos entretiens.

Les éboulis en étaient pleins. Les pins les répétaient en murmurant au-dessus de nos têtes. Les torrents, grossis par les pluies, se tordaient de rire en se contant cette histoire humiliante et le vent chantait très haut à mes oreilles ma mauvaise action.

Quand fut arrivé le moment psychologique, au milieu de l’endroit nivelé qu’on appelle le Mille des Dames, l’horrible cauchemar me guettait.

Il n’y avait en vue aucun autre rickshaw, rien que les quatre porteurs en noir et blanc, le véhicule à caisse jaune, et la tête à chignon d’or de la femme qui l’occupait, tout en apparence tel que je l’avais laissé huit mois et demi auparavant.

Pendant un instant je crus que Kitty devait voir ce que je voyais: nous nous harmonisions si bien en toutes choses!